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| ETUDE CAUSALE DE LA PERSISTANCE DE LA MALNUTRITION ET DE L’INSECURITE ALIMENTAIRE DANS LES REGIONS DE MATAM, KOLDA, SEDHIOU, ZIG (4.31 Mo) | 4.31 Mo |
L’insécurité alimentaire et nutritionnelle des populations du Sahel demeure préoccupante. Dans le dernier rapport des Nations-Unies du 7 juillet 2014, il est fait état d’une réduction de la proportion de population qui souffre de faim, mais la sous alimentation chronique touche 162 millions de jeunes enfants. Selon la Commission Européenne, en 2014, les besoins resteront élevés en matière de soins nutritionnels et de compléments alimentaires, vu qu’on estime à 1,5 million le nombre d’enfants de moins de cinq ans menacés de malnutrition aiguë sévère (MAS) et à 3,3 millions le nombre d’enfants menacés de malnutrition aiguë modérée (MAM) dans la région Sahel.
Au Sénégal, parmi les 2,25 millions de personnes concernées par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, 480 000 nécessitent une assistance d’urgence (OCHA, 2013). Même si des efforts ont été faits et que le taux est passé de 40 % en 1990 à 25 % en 2012, le pays fait partie des plus exposés à la période de soudure précoce annoncée pour l’année 2014 notamment à travers des rapports d’institutions internationales dont la FAO et le PAM . Le Sénégal à l’image d’autres pays du Sahel souffre encore des conséquences de quatre crises alimentaires et nutritionnelles consécutives (2005, 2008, 2010, 2012), (commission UE, 2014). Cette situation semblerait accentuer les vulnérabilités des ménages.
L’incidence de la pauvreté des ménages est de 48,5 % sur le plan national selon les résultats de l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (ESAM) réalisée en 2002. Mais en 2008-2009, le profil de pauvreté des ménages au Sénégal révèle 60,4 % de pauvres. Autrement dit, 6 ménages sur 10 sont soit pauvres soit vulnérables.
L’agriculture constitue l’un des principaux moyens de subsistance pour la population sénégalaise. Cependant, la plupart des ménages ruraux les plus pauvres ne parviennent pas à couvrir plus de 20 % de leurs besoins alimentaires par ce moyen.
Le rapport d’OCHA 2013 a montré que le Sénégal reste toujours confronté à une crise de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans pratiquement l’ensemble des régions du pays. Selon toujours le même rapport, 25 % des enfants de moins de 5 ans souffraient en 2012 d’un retard de croissance. Alors que des traitements plus ou moins efficaces et relativement peu couteux existent, le constat est qu’au Sénégal la malnutrition reste assez répandue. L’enquête SMART 2012 montre que la malnutrition aiguë globale reste préoccupante dans cinq régions parmi lesquelles Kolda et critique dans la région de Matam qui a atteint le seuil d’alerte de l’OMS. Concernant la malnutrition chronique toujours selon l’enquête SMART 2012, le niveau reste inquiétant dans les régions de Kolda et Kédougou où le taux de prévalence dépasse les 30 %. Ce paradoxe s’expliquerait par le fait que la concrétisation des actions à mener au niveau communautaire reste encore plus difficile.