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Les auteurs
Pr Abdou Salam FALL
Dr Rokhaya CISSE
Dr Soufianou MOUSSA
Ndéye Sokhna CISSE


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Étude baseline sur les vulnérabilités des ménages (1.99 Mo) 1.99 Mo

Cette étude entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Amélioration des droits et de la santé sexuels et reproductifs des adolescent·e·s et des jeunes au Sénégal » (SANSAS). Elle vise à fournir les caractéristiques des ménages et la situation des vulnérabilités auxquelles ils font face dans les quatre départements d’intervention du projet (Mbour, Bounkiling, Goudomp et Sédhiou).

L’étude repose sur une enquête qui a concerné 1 167 ménages tirés au sein de 53 districts de recensement dans les quatre départements (38 pour le département de Mbour, 4 pour Bounkiling, 5 pour Goudomp et 6 pour Sédhiou). Les ménages sont issus du milieu urbain et du milieu rural dans les 20 communes cibles et 06 communes témoins.

Concernant les caractéristiques sociodémographiques des ménages, on observe une prédominance des ménages dirigés par des femmes sur la Petite côte tandis que dans les départements de la région de Sédhiou les chefs de ménages sont des hommes. Les chef.fe.s de ménage âgé·e·s de 41 à 50 ans sont légèrement prédominants dans les communes cibles (26,9%). Néanmoins, des chefs de ménages jeunes (18 à 40 ans au-dessus de 30%) émergent. Dans les communes cibles, les femmes chefs de ménages sont polygames tandis que les hommes chefs de ménage (entre 54 à 63%) sont davantage monogames. Les femmes chefs de ménages ne sont instruites qu’à hauteur de 40% et les hommes pour 19%. De fortes variations sont observées selon les communes. La taille des ménages est élevée, notamment chez les ménages entre 5 à 9 personnes suivis de ceux réunissant 10 personnes et plus pour lesquels les adolescent·e·s et les jeunes constituent en moyenne 2,2 membres des ménages.

Les conditions socio-économiques sont précaires davantage dans les communes témoins que dans les communes cibles. En effet, la part des chef·fe·s de ménages qui ne sont pas propriétaires de leur logement est relativement faible quels que soient le sexe et le type de communes. L’habitat est sommaire dans la mesure où près d’un cinquième des ménages dirigés par un homme (19,8%) dispose d’un logement en matériaux non définitifs alors qu’ils ne sont que 6,3% chez les ménages dirigés par une femme. De même, trois ménages sur dix dirigés par un homme n’ont pas accès à une source d’eau potable contre un ménage sur cinq dirigés par une femme. L’accès à l’électricité est meilleur du fait que c’est seulement 14,4% des ménages dirigés par un homme qui n’ont pas accès à l’électricité et 8,2% pareillement pour les ménages dirigés par une femme.

Il en est pareil en matière de possession de titre de propriété de l’habitat. En réalité, la part des chef.fe.s de ménages qui ne sont pas propriétaires de leur logement est relativement faible quels que soient le sexe et le type de commune. En revanche, la situation devient pénible lorsqu’on considère l’infrastructure d’hygiène. Dans les communes cibles, plus du tiers des ménages dirigés par un homme (34,9%) n’ont pas de toilettes modernes et ce taux chute à 26,6% chez les ménages dont le responsable est une femme.

Les revenus sont modestes dans la mesure où dans les communes cibles, un cinquième des ménages gagne moins de 50 000 FCFA par mois (20,2% dans les ménages dirigés par une femme et 21,3% dans les ménages dont le responsable est un homme). La pandémie de Covid- 19 a accentué la détérioration de l’autonomie économique lorsqu’on sait qu’au moins un cinquième des ménages déclare avoir vécu à crédit au cours des 12 derniers mois avec une prévalence variable selon le sexe du chef de ménage quel que soit le type de communes. Durant les 12 mois précédant l’enquête, les dépenses de santé ont augmenté pour 45,1% des ménages dirigés par un homme et pour 44,1% de ceux gérés par une femme dans les communes cibles. Cet état de fait est aggravé par la couverture en protection sociale tout à fait résiduelle. Dans les communes cibles, plus de quatre ménages sur cinq sont non affiliés à un système de protection sociale (84,8% des ménages dirigés par une femme et 88,8% de ceux dirigés par un homme).

Les perceptions des chef·fe·s de ménage ne sont pas favorables quant à l’usage des services de santé reproductive (SR). En effet, dans les communes cibles, plus de la moitié des chefs de ménages (CM) ne connaissent pas une structure offrant des services SR (54,2% des CM femmes et 58% des CM hommes). De même, 79,7% des CM femmes et 83,3% des CM hommes soutiennent que la fréquentation d’un service SR n’a entraîné aucun changement de comportement chez les A&J de leur ménage. Par ailleurs, dans la zone cible, les ménages dirigés par un homme concentre un peu moins ménages dont aucun membre ne fréquente une structure SR que les ménages dirigés par une femme (72,9 et 74,1%).

S’agissant des conditions de vie, l’indicateur synthétique démontrent des fortes inégalités entre les communes. Parmi les cibles, tous les ménages de Ndiamalathiel et de Simbandi Brassou ont un niveau de vie relativement bas suivis de près par Goudomp (95,5%) ; alors que c’est la situation inverse qui est observé à Popenguine, Diass et Saly Portudal. En ce qui concerne la vulnérabilité SR des ménages, elle est particulièrement élevée dans les communes de Goudomp (100%), Malicounda (94,4%) et Tankon (91,3%). En définitive, le département de Goudomp apparaît comme le plus vulnérable suivant les conditions de vie et la VSRM.

Les résultats montrent d’une manière générale que la promotion de la santé reproductive apparait dès lors un pari à gagner à la fois pour assoir les connaissances dans le domaine et pour renforcer la fréquentation des adolescent·e·s et jeunes ainsi qu’une meilleure perception des ménages des services de SR. Les actions devront être inclusives dans la mesure où la VSRM est assez indépendante du niveau de vie des ménages et est élevée quel que soit le sexe du CM dans la très majorité des communes ciblées.

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