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Les théories critiques

Ce que l’on nomme traditionnellement et de manière concentrée « théorie de la valeur » est le noyau de ce qui est, non moins traditionnellement, nommé « critique de l’économie politique ». À la condition de ne pas, immédiatement, écraser cette dite « critique de l’économie politique » et de la réduire en une purée qui peut se vendre sous différentes marques : économie alternative, contre économie, contre-expertise économique, etc. Car la critique de l’économie politique est une analyse, une déconstruction de l’ordre capitaliste ; où la société capitaliste n’est pas analysée, critiquée, uniquement en termes économiques ou en termes de contre économie, mais plus généralement est déconstruite en termes d’une sociologie ou d’une anthropologie déconstructives ou critiques.

SIGNIFICATION POLITIQUE DE LA THÉORIE DE LA VALEUR Une introduction conceptuelle Jacques Fradin Jacques Fradin - paru dans lundimatin#346, le 5 juillet 2022 APPEL À DONS Ce que l’on nomme traditionnellement et de manière concentrée « théorie de la valeur » est le noyau de ce qui est, non moins traditionnellement, nommé « critique de l’économie politique ». À la condition de ne pas, immédiatement, écraser cette dite « critique de l’économie politique » et de la réduire en une purée qui peut se vendre sous différentes marques : économie alternative, contre économie, contre-expertise économique, etc. Car la critique de l’économie politique est une analyse, une déconstruction de l’ordre capitaliste ; où la société capitaliste n’est pas analysée, critiquée, uniquement en termes économiques ou en termes de contre économie, mais plus généralement est déconstruite en termes d’une sociologie ou d’une anthropologie déconstructives ou critiques. La société capitaliste, et non pas l’économie capitaliste (qui laisserait la société indemne ou autonome), cette société est un ordre total, une « ingestion » globale ; un ordre à la fois « spirituel » (ou religieux), organisateur complet des rituels quotidiens ou des habitus (métro, boulot, dodo), politique, avec la propagande totalitaire pour « la démocratie », ce qu’il faut nommer le capitalo-parlementarisme ou le despotisme rationnel, et finalement, et peut-être, économique, la production des « biens » et services démilitarisés n’étant qu’une attrape, the wealth appeal.

La théorie de la valeur n’est pas le point de départ d’une contre-économie ou d’une contre-expertise économique, contre-expertise qui s’exprimerait en termes de comptabilité en temps de travail, ou en termes de planification du travail (« la valeur travail » étant une notion typiquement réactionnaire). Pour le dire plus techniquement, la théorie de la valeur n’est pas une théorie (alternative ou ancienne, « classique ricardienne ») des prix et des échanges ou des écritures comptables (les « vraies » écritures en termes de travail, toujours la comptabilité travail).

C’est une théorie de l’ordonnancement autoritaire du monde en termes comptables : pourquoi, et comment, y a-t-il « des prix », des indicateurs numériques, de l’évaluation universelle, des comptes et des comptabilités (et plein d’experts comptables ou d’agences de notations), de la monnaie et des opérations financières (« la finance » n’étant que la forme aboutie de la comparabilité universelle – les produits dérivés) ?

Comment cette toile d’évaluation (à la base de la numéricisation universelle, l’informatique) ou de mesure comptable monétaire, de « scores » (rating), s’impose-t-elle jusqu’à devenir invisible, « spectrale » ? Pourquoi est-elle envisagée communément (et idéologiquement) comme « un ordre social naturel » ?

Comment cet ordre se reproduit-il régulièrement, bien que de manière tout à fait chaotique ? Et à la manière des anciennes sociétés sous domination religieuse ? La guerre étant un élément central de ces reproductions erratiques. La théorie de la valeur, à condition d’être reformulée en termes de « théorie de la mesure valeur monétaire comptable » (ceci sera précisé par la suite ; voir Bibliographie 1 & 2, et le travail pionnier d’Isaak Roubine), cette théorie reconstruite permet de déployer une critique de l’ordre capitaliste et d’énoncer la déconstruction (l’analyse critique) de cet ordre en termes de despotisme néoféodal ; bien loin de l’association de propagande entre capitalisme et « démocratie »

L’analyse critique politique du capitalisme, capitalisme décrit en termes de despotisme plus ou moins autoritaire (du libéralisme politique au fascisme), voilà ce que développent ladite critique de l’économie politique et son noyau la théorie de la valeur.

Il ne sera jamais question « d’économie » au sens ordinaire (comment économiser le travail).

Notons, à titre de curiosité historique, que cette analyse politique de l’économie. Disons que la critique de l’économie politique n’est..., bien que de manière non élaborée et en termes encore mythologiques « d’ordre social naturel », « ordre naturel » cependant déjà envisagé comme un ordre social total (et pleinement assumé en tant que despotisme « éclairé »), cette analyse anthropo-sociologique de l’économie (« l’économie » étant le nom donné à la totalité capitaliste), a été développée dans la seconde moitié du 18e siècle (les Physiocrates et la justification politique du capitalisme : le libéralisme économique sans le libéralisme politique ou encore le libéralisme autoritaire – qui n’est pas une invention ordolibérale) ; cette analyse « normative » (nomothétique, politique) du libéralisme autoritaire (le despotisme rationnel) a ensuite été refoulée, écrasée, camouflée pour donner la théorie économique libérale (avec toutes les ambiguïtés possibles sur ce « libéralisme »), voire générer « LA théorie économique » (supposée apolitique), dès Adam Smith (l’élève pervers des Physiocrates, l’anticipateur de Friedrich Hayek).

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