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La relation entre l’éducation et la pauvreté est essentiellement analysée d’un point de vue sociodémographique sous l’angle d’inégalités dans l’accès à la scolarisation en fonction du niveau de pauvreté des ménages. A l’inverse, la littérature économique, depuis le regain d’intérêt pour le « capital humain » à partir des années 1960, s’est beaucoup intéressée à l’impact de l’éducation sur la croissance économique (et la pauvreté) mais elle s’inscrit dans une perspective soit individuelle soit macroéconomique avec des résultats pour le moins contradictoires. Ce papier propose de revenir sur les rendements sociaux de l’éducation en empruntant la dimension « ménage » dans cinq quartiers de Ouagadougou regroupés suivant leur niveau d’urbanisation. Il cherche à déterminer le niveau de recoupement, estimé à partir de la courbe ROC, entre la variation des conditions de vie des ménages et l’évolution de leur capital éducatif saisi à travers sept variables distinctes. Nos résultats montrent que les meilleures mesures, en termes de capital éducatif, de la variation du niveau de vie des ménages sont les variables ne tenant pas compte du niveau d’instruction des membres du ménage. Prendre en compte le niveau d’instruction des membres des ménages ne parait particulièrement pertinent que pour saisir la baisse des conditions de vie dans les quartiers informels avec un poids très important du secondaire. Il ressort aussi que le capital éducatif ne constitue un facteur non négligeable dans la compréhension de la variation des conditions de vie des ménages (1) en milieu urbanisé et (2) pour saisir l’extrême vulnérabilité des ménages quel que soit le milieu de résidence. La crise économique et les distorsions du marché de l’emploi (dont notamment l’inadéquation entre salaire et niveau d’instruction formelle empirée par le chômage des personnes les plus instruites) expliquent en grande partie ces résultats.