Migrations internationales

Les recherches conduites au niveau du laboratoire visent à valoriser une approche micro du fait migratoire dans la mesure où elles portent sur les comportements des individus et des ménages.

L’équipe du laboratoire se focalise en particulier sur les interrelations entre transformations familiales et migrations internationales ainsi que sur les solidarités intergénérationnelles à travers la migration.

Les interrelations entre migration et le VIH

Dans l’intensification des mouvements migratoires, il y a une double redistribution de la diffusion de l’infection HIV/SIDA :

– dans un premier temps, les flux internationaux de populations favorisent la diffusion de l’infection HIV/SIDA des pays de forte prévalence vers des pays de basse prévalence, créant ainsi une sorte de nivellement par le haut de l’infection ;
– dans un second temps, à l’échelle des pays, du fait des mouvements internes, la maladie se déplace des foyers de forte prévalence vers des foyers de basse prévalence.

Ce nivellement par le haut de l’infection a une incidence sur la vulnérabilité des économies domestiques car se sont surtout les personnes actives, donc pourvoyeuses de ressources qui sont affectées, sont souvent alitées, avant de décéder, précipitant les ménages concernés dans la pauvreté. Les membres du ménage devenus pauvres deviennent vulnérables face à la maladie par le biais de l’exercice d’activités exposant à celle-ci : mendicité, prostitution etc.

Le laboratoire compte plusieurs publications significatives dans le domaine parmi lesquelles, on peut citer :
Enjeux et défis de la migration internationale de travail en Afrique de l’Ouest, Cahiers de Migrations internationales, Bureau international du travail, n° 62 F, Genève, 48 p, 2003.

La mobilité des Africains de l’Ouest est en grande partie liée à une migration internationale de travail. Les retombées bénéfiques s’observent tant dans les pays d’accueil que dans les pays d’origine. Cependant, les travailleurs migrants sont peu encadrés. On assiste à une montée en puissance de la migration des femmes qui disposent de réseaux d’insertion de plus en plus diversifiées dans les pays d’accueil mais le séjour des migrants travailleurs est de plus en plus précaire. Avec la complicité des réseaux de commerçants, la migration risque d’évoluer vers une migration de travail sans fixation définitive dans les pays d’accueil.